Quand les plantes ont la bougeotte
Ah, aller voir ailleurs, ça a toujours été le moteur de tous les êtres vivants.
Mais si la curiosité pousse l’hommeà aller toujours un peut plus loin, les plantes ont une autre motivation, plutôt un impératif : la concurrence pour la place. Lorsqu’une plante a produit ses graines pour pouvoir perpétuer l’espèce elle ne peut pas se contenter de les déposer à son pied, car si elle est pérenne elle serait en concurrence immédiate avec sa descendance. Pas assez de place, de lumière, d’éléments nutritifs au même endroit pour deux.
La conquête de l’espace est donc indispensable. Et là, on reste ébahi par toutes les astuces mises en œuvre par la nature. Il y a les plantes qui ont un tempérament accrocheur, leurs fruits, leurs graines, leurs feuilles ou leurs tiges munis de crochets se fichent dans le pelage des animaux et elles s’en servent de véhicules, c’est le cas du gratteron ou de la garance voyageuse. Il y a celles qui se catapultent, leurs fruits éclatent et propulsent les graines au moindre contact, comme la balsamine, ou sous l’effet du feu, comme les cistes. Il y a celles qui voyagent par le vent, comme le pissenlit ou le frêne, par l’eau, ou accrochés aux insectes. Et puis les espèces pas délicates pour deux sous, dont les graines se font ingérer par les oiseaux, voyagent dans leur estomac et son disséminées par leurs fientes. On le voit, dans tous les cas les voyages forment la genèse.
Les patients, les très patients pourront se régaler du spectacle très lent de certains cactus. Ces boudins végétaux, simplement posés au sol poussent d’un côté et sèchent à leur côté opposé. Filmés image par image et visionnés en accéléré on peut les voir ramper comme des serpents et couvrir des dizaines de mètres carrés, en plusieurs années ! Si la nature est riche en drôles de petites bêtes elle l’est autant de drôles de petites plantes.






