Dans une vie professionnelle antérieure je produisais des plantes par culture in vitro, dans des tubes et des bocaux, par centaines de milliers. C’est sans doute pour cela que ce pauvre petit ananas m’a fait pitié, sur son coin d’étagère de jardinerie dans un tube trop étroit. Ses grandes feuilles avaient envahi tout le volume disponible, elles commençaient à devenir translucide (on dit que la plante est vitreuse dans le jargon de labo) : l’ananas était au bout du rouleau.
C’est aussi pour faire une démonstration éclatante du progrès en marche à mes filles que je l’ai acheté. Les automatismes sont revenus pour son acclimatation, substrat très léger, petite cloche pour créer une atmosphère saturée en humidité jusqu’à l’enracinement et surveillance de chaque instant pour guetter les éventuelles pourritures. Dix ans ont passé, et notre ananas trône en bonne place dans la véranda où il vit 9 mois de l’année (on le sort en été dans le jardin). Tous les ans il a droit à son rempotage et je suis obligé de le dédoubler car il donne une grande quantité de rejets. Comble de bonheur, l’an dernier il a fleuri et donné un petit ananas qui a embaumé la véranda avant de passer sous la fourchette à dessert : on a eu droit à quatre bouchées délicieuses.
Tentez aussi l’expérience avec des graines de bananier.
En moins d’un an, une belle plante verte ornera votre véranda.






